|
Lu pour vous
On peut lui faire dire tout et son contraire (ou presque !). On l’a utilisée pour justifier, puis combattre, d’atroces antinomies dans l’histoire du christianisme (esclavagisme, Apartheid…). Elle a propulsé maintes mises sur pied d’oeuvres altruistes et caritatives (Ordres religieux...). D’aucuns prétendent qu’à force d’être traduite, son sens premier se serait perverti (vraiment ?). On prétend que certains chrétiens la connaissent mieux que d’autres (à qui la faute ?). En format de poche, richement enluminée et très, très lourde, complète ou par extraits, encore best-seller du travail de traduction dans le monde, la Bible…
Joyau du croyant juif dont nous sommes les descendants spirituels, essentiel outil de qui se dit et se veut chrétien, c’est-à-dire disciple de Celui reconnu comme Parole de Dieu en chair et en os, Jésus-Christ. Outil, c’est-à-dire instrument de travail, boussole d’orientation, grille de lecture, dans l’esprit du Christ, de notre existence humaine et du monde alentour. Nous sommes des croyants par, au moyen du Livre. Car lire, connaître, décortiquer, travailler, s’approprier, mâchouiller un texte biblique nécessite, en contrepoids, un autre récit, celui de sa vie. Nous qui portons le nom de Chrétiens sommes appelés à tenir, dans une main, la Bible, et dans l’autre, notre biographie, notre quotidien, et celui du monde, de sa pire noirceur à sa plus géniale brillance. Et à chercher l’équilibre. Afin d’éviter le fondamentalisme (heureusement que la Bible n’a pas toutes les solutions à tous les problèmes !), le littéralisme (lisez Lévitique 11:10 et recomposez votre menu de fin d’année !) et tous les autres intégrismes mortifères.
Oui, c’est au creuset de l’histoire juive que le Dieu de Jésus-Christ s’est révélé ; et pour nous qui le prions, c’est au travers du regard de Jésus sur Dieu, l’autre et le monde, que nous abordons ce monument de la littérature mondiale… et (re)mettons en perspective ses 24, 66 ou 73 livres (ça dépend des canons !) selon leur pertinence quant à la Bonne Nouvelle. Par où commencer ? Mon professeur de littérature française disait qu’un bon auteur a tout condensé dans sa première phrase. Vérifions ! Une idée de lecture de Carême ?
Père Thierry Schelling
|