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Carême en mars …
Alors que l’hiver donne encore quelques rigueurs et que le printemps s’annonce par quelques signes, le mois de Mars s’étire comme un voile qu’on aimerait voir disparaître. On pourrait s’impatienter de voir Avril arriver et ses premiers beaux jours, mais Mars est là qui les arrête. Nos énergies seraient prêtes à se mobiliser pour de nouvelles sorties : les week-ends, les fêtes d’anniversaire ou de baptême remis « aux beaux jours », bientôt les communions et les mariages, … Mais avant ces retrouvailles de printemps, Mars est à vivre, avec son carême ! Ce temps liturgique ne vient pas alourdir ce qui serait déjà pesant. Pour cela il nous faut abandonner nos images anciennes d’interdits et d’obligations et envisager cette période comme une invitation et une rencontre : invitation à vérifier notre vie de chrétiens avant de célébrer la Résurrection du Christ et rencontre de sa personne-même qui vit le carême à l’intérieur de nous.
Heureux carême qui nous vaut de réviser (« revisiter » diraient quelques cercles choisis) nos relations avec notre environnement. Alors que la culture ambiante nous vante l’intérêt personnel, et le moi au centre de tout, les Chrétiens sont invités à retrouver de la liberté par rapport aux choses et aux activités. C’est bien la raison du jeûne : faire l’expérience que nos besoins les plus essentiels pourraient ne pas être satisfaits et considérer quels sont alors notre état d’esprit et nos impressions. Dans notre monde moderne peut-être est-ce l’occasion aussi de jeûner d’un peu de communications immédiates : téléphone, Internet, images et émissions en tout genre… juste un temps, pour voir ce que ça nous fait. Peut-être découvrirons-nous ici le chemin de nouvelles relations avec nos proches, ce qu’ils sont vraiment pour nous. Dans cetteliberté retrouvée, nous aurons le goût du partage avec ceux qui sont démunis, qu’ils soient à nos portes ou à quelques heures d’avion.
Pour que le carême soit heureux, il faut qu’il soit habité par le Christ, sinon il redeviendra synonyme d’interdits et de restrictions frustrantes. Les évangiles de ces dimanches nous indiquent la perspective : comme aux gens de son époque, Jésus se donne à nous, pour que nous ayons la vie, une vie pleine, belle, bien remplie, concrète dans notre quotidien et aussi pour l’éternité. C’est donc qu’il est présent en nous pour que Mars, mois du carême et de l’arrivée du printemps, soit un temps de renouveau, de vie et de fêtes.
Père Eric Beaumer
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